Des rectangles de couleurs flottantes qui font pleurer les visiteurs du MoMA. Des toiles monumentales devant lesquelles le temps suspend son vol. Bienvenue dans l’univers hypnotique de Mark Rothko, ce peintre qui a révolutionné l’art par la force brute de la couleur pure. Son œuvre, souvent réduite à des aplats de rouge, d’orangé ou de noir, est en réalité une quête viscérale d’émotions humaines fondamentales : tragédie, extase, solitude. Émigré de Lettonie, figure-clé du color field painting, il occupe une place centrale aux côtés de géants comme Jackson Pollock et Barnett Newman dans l’expressionnisme abstrait américain.

Mais qui était vraiment Rothko ? Pourquoi ses toiles bouleversent-elles autant ? Où peut-on aujourd’hui les admirer, et comment comprendre leur pouvoir d’attraction singulier ? Découvrez comment ce fils d’immigrés, devenu légende de New York, a inventé un langage universel de l’art abstrait.

Parcours biographique et influences artistiques de Mark Rothko

Jeunesse et immigration

Marcus Rothkowitz en 1903 à Dvinsk, alors sous domination russe (aujourd’hui Lettonie), Mark Rothko voit le jour dans une famille juive intellectuelle. Dès son enfance, il ressent la violence des pogroms qui touchent périodiquement la région. En 1913, pour échapper à la persécution, les Rothkowitz émigrent vers les États-Unis. Sa jeunesse se déroule à Portland, Oregon, dans un environnement modeste mais stimulé par une curiosité intellectuelle. Il décroche une bourse pour Yale, mais abandonne face à l’antisémitisme latent sur le campus. Ce parcours d’immigré marque profondément l’homme, autant que l’artiste qu’il deviendra — symbole de résilience américaine et d’intégration par l’art.

Débuts artistiques à New York

En 1923, Rothko s’installe à New York, alors capitale montante de l’art moderne. Il étudie à l’Art Students League avec Max Weber, qui lui transmet la passion de l’expression des émotions. Il rencontre aussi Milton Avery, dont la facture colorée influence profondément ses premiers travaux. Au départ, Rothko se concentre sur des scènes figuratives : portraits, paysages urbains, silhouettes anonymes des métros new-yorkais. Pour subvenir à ses besoins, il enseigne le dessin à des enfants, témoignant d’une ascension lente, tout sauf fulgurante — loin du cliché de l’artiste génial d’emblée reconnu.

Évolution vers l'abstraction

Dans les années 1940, inspiré par le surréalisme et la mythologie grecque, Rothko bascule progressivement vers l’abandon de la figuration. La rencontre avec Clyfford Still et Barnett Newman change sa trajectoire : ensemble, ils cherchent à dépasser les formes narratives, explorant l’abstraction pure. En 1949, Rothko atteint une révélation : il développe son style mature, fait de rectangles horizontaux flottant sur des fonds vibrants. Il déclare alors avoir "éliminé tous les obstacles entre moi et l’idée", inaugurant l’aventure du color field painting. Le sentiment d’avoir trouvé un langage neuf anime toute la suite de son parcours.

Dernières années et tragédie

Les années 1960 voient la palette de Rothko s’assombrir. Terrassé par la dépression, miné par des problèmes de santé, rongé par l’isolement et un divorce douloureux, il verse dans un art presque funèbre. Son désir de créer un espace spirituel trouve son apogée dans la Rothko Chapel, projet ultime conçu entre 1964 et 1967, où l’art et la méditation fusionnent. Mais la douleur de vivre finit par l’emporter : le 25 février 1970, Rothko met fin à ses jours à 66 ans, peu avant l’ouverture de la chapelle à Houston. Sa vie se conclut sur une note douloureuse, témoignant de la difficulté à porter une telle quête de transcendance. "Je ne suis pas un abstractionniste... Je ne m'intéresse pas aux relations de couleur ou de forme. Je m'intéresse seulement à exprimer les émotions humaines de base."

L’expressionnisme abstrait américain

Contexte historique

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, New York s’impose comme la nouvelle capitale mondiale de l’art. Finie la domination de Paris : l’Amérique revendique sa liberté de création, son individualisme et sa rupture franche avec les traditions européennes. L’expressionnisme abstrait, né sur la côte Est, incarne cette révolution globale.

Définition expressionnisme abstrait

L’expressionnisme abstrait désigne un courant d’art américain (1940-1960) qui mêle abstraction et puissance émotionnelle. Ses créateurs renient la représentation du monde visible au profit de l’expression des émotions, des états intérieurs et de l’expérience humaine universelle. "Expressionnisme" évoque la charge subjective ; "abstrait" annonce le rejet de toute narration ou référence figurative classique. L’objectif n’est pas de raconter une histoire, mais de provoquer une réaction immédiate — viscérale.

Deux courants

Critère

Action Painting

Color Field Painting

Artistes

Jackson Pollock, Willem de Kooning, Franz Kline

Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still

Principe

Geste spontané, dynamisme

Grands aplats de couleur, contemplation

Technique

Dripping, projections, gestes larges

Couches transparentes, contours flous

Énergie

Explosive, physique

Méditative, spirituelle

L’action painting incarne la dimension explosive de l’expressionnisme abstrait (Pollock, de Kooning), alors que le color field painting de Rothko ou Newman propose une expérience intérieure, plus posée et méditative.

Artistes majeurs

Quant à la constellation d’artistes incontournables, citons : Jackson Pollock (action painting, dripping emblématique), Mark Rothko (color field painting, émotion profonde), Willem de Kooning (croisement entre figuration et abstraction), Barnett Newman (sublime par la couleur), sans oublier Clyfford Still et son art radicalement isolé. Ces créateurs repoussent chacun, à leur manière, les limites de ce qui constitue une œuvre.

Le color field painting : la révolution de Rothko

Définition

Le color field painting (peinture en champs de couleur) est un courant de l’expressionnisme abstrait qui privilégie de vastes aplats colorés, en éliminant la narration ou la composition traditionnelle. Ici, la couleur devient le sujet, absorbant le spectateur dans un bain lumineux. L’objectif : créer une expérience immersive et contemplative, à la fois accessible et silencieusement profonde. Il ne s’agit plus de représenter, mais de provoquer une rencontre directe entre œuvre et émotion.

Caractéristiques

  • Formats monumentaux pour englober le regard.

  • Rectangles ou aplats de couleur sans contour franc, créant une impression de flottement.

  • Couches superposées et translucides pour une lumière intérieure.

  • Absence totale de narration ou de perspective classique.

  • L’absence de centre focal rend l’œuvre dépourvue de hiérarchie, favorisant l’égale importance de chaque partie.

Le spectateur est invité à se rapprocher pour se laisser absorber, presque physiquement, par la peinture.

Principe de Rothko

Rothko confie : "Je ne suis pas intéressé par les relations de couleur ou de forme... Je suis intéressé seulement par l’expression des émotions humaines basiques - tragédie, extase, destin." Chaque toile cherche à provoquer une onde sentimentale chez celui qui regarde. La couleur agit comme vecteur de sensation, non d’analyse intellectuelle. Rothko veut que son œuvre suscite une réaction immédiate, viscérale, universelle.

Différence avec action painting

Critère

Action Painting

Color Field Painting

Exemple

Technique

Geste visible, dynamique

Aplats, transparence

Pollock / Rothko

Énergie

Explosive, physique

Contemplative, méditative

 

Spectateur

Voit le processus

Vit l’émotion

 

Objectif

Célébrer acte créatif

Créer expérience spirituelle

 

Chez Pollock, le geste domine la toile ; chez Rothko, la couleur immerge l’âme du spectateur.

Influence

L’impact du color field painting déborde sur le minimalisme (Donald Judd, Agnes Martin), l’art monochrome d’Yves Klein, jusqu’aux installations immersives de James Turrell. Même aujourd’hui, design et architecture s’inspirent des compositions de Rothko pour leur force méditative et universelle.

Les œuvres emblématiques

Période mature (1949-1970)

À partir de 1949, Rothko déploie pleinement son style signature : larges rectangles de couleur flottant sur des fonds diaphanes. Chaque toile, faite d’apparente simplicité, cache un équilibre complexe dont le spectateur ne sort pas indemne. Voici quelques œuvres majeures à ne pas manquer.

Orange, Red, Yellow (1961)

Éblouissante, Orange, Red, Yellow présente trois rectangles — orange en haut, rouge au centre, jaune en bas. La toile atteint des dimensions monumentales (236 × 206 cm), plongeant l’observateur dans une mer de lumière et d’énergie solaire. En 2012, elle établit un record aux enchères : 86,9 millions de dollars. Les vibrations entre couleurs laissent une impression de joie exubérante, une rareté dans le parcours de Rothko.

No. 61 (Rust and Blue) (1953)

Conservé au MoMA de New York, ce tableau (294 × 232 cm) illustre le contraste entre un bleu profond et une base rouille lumineuse. L’ensemble dégage une mélancolie élégante, où la chaleur et le froid dialoguent. C’est l’une des œuvres les plus favorites des visiteurs, qui s’y retrouvent souvent, silencieux, devant tant de profondeur.

White Center (1950)

Avec ses 206 × 141 cm, White Center étonne par sa lumière : rose tendre, jaune doux, centre blanc éclatant. Vendue 72,8 millions de dollars en 2007, elle incarne la période optimiste de l’artiste. Un sentiment d’espoir flotte, comme si la lumière filtrait à travers le chagrin du monde.

Black on Maroon (1958)

Peinte pour le prestigieux restaurant Four Seasons de New York, cette série de toiles sombres, commandées dans le cadre des "Seagram Murals", reflète l’ambivalence du projet. Rothko refuse in fine d’installer ses œuvres, jugeant le lieu trop élitiste pour sa démarche spirituelle. Il retourne la somme exorbitante reçue lors de la commande et conserve les tableaux, exposés aujourd’hui à la Tate Modern de Londres. La toile, écrasée de noir sur bordeaux, dégage une atmosphère quasi tragique, bouleversante.

Les Seagram Murals (1958-1959)

Pour cette commande historique, Rothko réalise trente toiles dont il restitue l’intégralité du paiement (35 000 dollars) après avoir considéré inacceptable le contexte de New York Four Seasons. "Quiconque mange cette sorte de nourriture pour ces prix ne regarde jamais mes tableaux", déclarera-t-il. Les œuvres sont aujourd’hui dispersées entre Londres, le Japon (Kawamura Memorial), et la National Gallery de Washington. Les Seagram Murals signent un virage vers une palette plus sombre.

Rothko Chapel (1971)

Située à Houston, la Rothko Chapel regroupe quatorze peintures monumentales sur des murs octogonaux, dans un espace privilégiant recueillement et silence. Les couleurs : noir, pourpre profond, marron, instaurent une ambiance zen, propice à la méditation. Lieu unique, la chapelle accueille aujourd'hui plus de 100 000 visiteurs par an, issus de toutes religions. Rothko imaginait l’art comme un infini espace de dialogue spirituel : ici, c’est l’aboutissement de toute une vie d’artiste. L’accès en est gratuit et universel, fidèle à la conception de l’art comme bien de l’humanité.

Évolution palette

Chez Rothko, la couleur évolue : le rouge et l’orange triomphent dans les années 1950, avant de céder la place à des teintes plus sombres dans la décennie suivante — puis au noir, gris, brun profond, reflet de sa dépression. Cette mutation accompagne la maturation d’un art hanté par la spiritualité et la mortalité.

La technique de Rothko

Matériaux

Rothko emploie une peinture à l’huile très diluée, proche de l’aquarelle. Parfois, il incorpore la tempera à l’œuf pour obtenir des nuances subtiles. Les toiles, souvent non apprêtées, absorbent les pigments — technique délicate, éphémère. Ses outils : larges pinceaux, éponges, chiffons — rien de sophistiqué, tout est fait pour servir la couleur et la lumière.

Processus

La création d’une toile débute avec la préparation d’un fond, appliqué à l’horizontale ou directement sur le mur. Rothko pose la première couche, attend le séchage, puis recommence. Ce cycle — apposition de couches puis estompage des contours — peut être répété jusqu’à 100 fois. Les transitions, à la frontière du visible et de l’invisible, confèrent à chaque toile une aura unique. Ce processus exige patience, maîtrise, et un rythme quasi mystique.

Effet recherché

Ce travail minutieux crée des vibrations optiques : les rectangles paraissent flotter devant la surface, la lumière semble émaner de l’intérieur. Une impression de profondeur atmosphérique capte l’œil puis l’esprit, ouvrant une porte vers l’introspection. Rothko parle de "fenêtres sur un autre monde".

Format monumental

Les dimensions des toiles répondent à une logique d’immersion : Rothko recommande au visiteur de se tenir à seulement 45-50 cm de la toile, pour "être dans le tableau, pas seulement devant". Plus qu’une œuvre, il offre une expérience, où l’espace muséal s’efface au profit du silence intérieur.

Comment peindre comme Rothko ?

Pour s’approcher de la technique Rothko, il faut :

  • Choisir deux ou trois couleurs en résonance

  • Diluer la peinture (effet aquarelle)

  • Tracer des rectangles horizontaux large brosse

  • Estomper les bords avec une éponge humide

  • Laisser sécher entre chaque couche, répéter le geste au moins dix fois

  • Travailler sur un format ample (au moins 1,5 m de haut)

Simplicité apparente, mais maîtrise difficile à atteindre — et chaque étape réclame constance et concentration, en quête de l’évidence magique de la couleur.

L’expérience émotionnelle

Intention de Rothko

"Les gens qui pleurent devant mes tableaux vivent la même expérience religieuse que j'ai eue en les peignant. Si vous êtes ému seulement par les relations de couleur, vous passez à côté." C’est l’aveu central de Rothko : il vise la transcendance, non la décoration. Ses toiles ne sont pas seulement des objets esthétiques ; elles sont conçues pour bouleverser, élever, consoler.

Phénomène des larmes

De nombreux visiteurs rapportent une réaction inattendue, parfois intense, face aux peintures de Rothko : des larmes. Au MoMA, à la Tate Modern ou dans la Rothko Chapel, certains décrivent une émotion pure, cathartique, semblable à une libération. Pourquoi ? Les couleurs, en dialogue direct avec notre inconscient, s’affranchissent du langage. Le grand format crée une dissolution du "je" dans l’œuvre. Le silence ouaté du musée invite à l’introspection. Il arrive alors que surgissent des souvenirs, une tristesse enfouie, ou une paix soudaine — preuve que la toile agit comme miroir de l’âme.

Dimension méditative

Chez Rothko, la contemplation n’est pas passive : elle aspire le spectateur dans un temps suspendu, propice à la méditation, au relâchement même de la pensée. Ce processus rejoint des pratiques spirituelles millénaires, comme le zazen ou la prière silencieuse. En se tenant devant la toile, on accède à un apaisement profond, à l’écoute de ses propres émotions.

Universalité émotions

Rothko ne raconte aucune anecdote intime. Il vise des sentiments universels : la tragédie, l’extase, le destin, la solitude, la mort, la transcendance. Ses œuvres abolissent les frontières culturelles et sociales, permettant à chaque spectateur d’y projeter une part de soi.

Critique intellectualisation

L’artiste refusait l’analyse froide : "Ce n’est pas qu’un jeu de couleurs". Si l’on tente de réduire son art abstrait à une formule ou à une grille de lecture, on en rate la force essentielle. L’expérience doit rester directe, brute, et viscérale.

Où voir les œuvres de Rothko ?

Musées majeurs

Pour ressentir l’impact des œuvres de Mark Rothko, rien ne remplace la vision directe dans les principaux musées :

  • MoMA (New York) : Collection de chefs-d’œuvre, dont No. 61.

  • National Gallery of Art (Washington DC) : Plusieurs tableaux majeurs.

  • Tate Modern (Londres) : Salle entière consacrée aux Seagram Murals.

  • Musée d’Art Moderne (Paris) : Œuvres moins nombreuses mais essentielles.

  • Phillips Collection (Washington) : Chambre Rothko intime, unique au monde.

Ces institutions offrent des conditions idéales pour vivre une expérience de couleur immersive et méditative.

Rothko Chapel

Véritable sanctuaire, la Rothko Chapel se situe au 3900 Yupon St, Houston, Texas 77006. Ouverte tous les jours de 10h à 18h, elle propose un accès gratuit à quatorze œuvres monumentales, dans un espace où le silence est d’or. On y vient pour méditer, se recueillir ou simplement s’émerveiller. Gratuit et ouvert à tous, c’est un lieu incontournable pour tout étudiant ou amateur d’art, quelles que soient ses croyances.

Collections permanentes européennes

En Europe, l’offre s’étend à la Tate Modern de Londres, à la Fondation Beyeler à Bâle, ou encore au Kunsthaus Zurich. Ces institutions possèdent plusieurs pièces de Rothko, témoignant de la portée internationale de son héritage.

Expositions itinérantes

Des rétrospectives majeures sont régulièrement organisées ; les sites du MoMA, de la Tate et du Guggenheim annoncent les expositions à venir. Pour ne rien manquer, il est conseillé de s’abonner à leurs newsletters.

Controverses et débats

"Ce n’est que des rectangles !"

Les critiques, récurrents, ne manquent pas d’affirmer que les œuvres de Rothko ne sont "que des rectangles" — "Mon enfant de cinq ans pourrait faire ça". Pourtant, la réponse de Rothko est implacable : "Si vous voyez seulement des relations de couleur, vous passez à côté." Cette apparente simplicité est le fruit de décennies de recherches, de centaines de couches de peinture, et d’une profonde réflexion. Ce n’est pas la technique seule, mais l’intention qui fait la force de son art.

Affaire faux Rothko

Le scandale de la galerie Knoedler (2011) secoua le monde de l’art. Pas moins de 63 millions de dollars de Rothko contrefaits furent écoulés, révélant la difficulté d’authentifier les toiles — un défi amplifié par la simplicité apparente de ses œuvres et la fragilité de la provenance. Des procès et condamnations éclatèrent, rappelant la nécessité d’une expertise rigoureuse.

Testament et suicide

Après le suicide de Rothko, une bataille féroce opposa ses héritiers aux exécuteurs testamentaires accusés de malversations. Durant six ans, tribunaux et médias se passionnèrent pour la destinée de ces chefs-d’œuvre. Finalement, les œuvres revinrent à ses enfants, mais la tragédie familiale s’ajouta à la tragédie artistique du geste ultime de l’artiste.

Conservation œuvres

Autre enjeu : les œuvres de Rothko, réalisées avec des pigments très dilués, sont fragiles. La lumière les altère. Restaurer ou intervenir pose un dilemme éthique : touche-t-on à l’intention spirituelle de l’artiste ? Chaque intervention est débattue entre puristes et pragmatiques.

Prix "scandaleusement élevés"

Les records en vente publique — 86,9 millions de dollars pour Orange Red Yellow — attisent débats dans la presse. Le prix reflète-t-il une valeur "objective" ou purement spéculative ? Rothko, dont toute la démarche visait l’universalité, aurait-il accepté cette marchandisation ?

Ressources pour aller plus loin

Documentaires

Pour s’immerger dans l’univers de Rothko :

  • "Mark Rothko: Pictures Must Be Miraculous" (2019), portrait intime de l’artiste

  • "Abstract: The Art of Design", saison 2, épisode 1 (Netflix), incluant un segment sur Rothko

Ces films sont disponibles sur les principales plateformes de VOD.

Livres

Quelques références incontournables :

  • "Mark Rothko" par Jacob Baal-Teshuva (Taschen) : la meilleure monographie accessible

  • "The Artist’s Reality" par Rothko lui-même, ouvrage posthume sur sa vision

  • "Red" de John Logan, pièce de théâtre sur Rothko et son assistant

  • "Mark Rothko: From the Inside Out" par son fils Christopher Rothko, pour une approche familiale et humaine

Sites officiels

rothkochapel.org : site de la chapelle
moma.org : collection du MoMA
tate.org.uk : collection de la Tate
nga.gov : National Gallery Washington

Podcasts / Vidéos

À écouter ou voir :

  • Chaîne YouTube Smarthistory : analyses précises des œuvres

  • The Art Assignment (YouTube) : épisode dédié à Rothko

  • Conférences TED sur l’expressionnisme abstrait et la couleur

Qui était Mark Rothko en une phrase ?

Mark Rothko était un peintre américain d’origine lettonne, figure majeure du color field painting et du mouvement expressionniste abstrait, reconnu pour ses toiles aux champs de couleur immersifs et méditatifs.

Pourquoi les toiles de Mark Rothko suscitent-elles tant d’émotions ?

Les peintures de Rothko agissent comme de véritables miroirs émotionnels grâce à leurs couleurs vibrantes, leur format monumental et leur atmosphère méditative, touchant directement l’inconscient et suscitant des réactions parfois physiques, comme les larmes.

Où peut-on voir les œuvres de Rothko en Europe ?

Les œuvres de Rothko sont visibles à la Tate Modern à Londres (salle dédiée), à la Fondation Beyeler à Bâle et au Kunsthaus Zurich, en plus des expositions itinérantes régulières.

Le style Rothko est-il facile à reproduire ?

En apparence, la technique de Rothko est simple (aplats de couleurs, contours flous, couches successives), mais obtenir la profondeur émotionnelle et la vibration lumineuse exige patience et sensibilité particulière à la couleur.

Quels artistes ont inspiré le style abstrait de Mark Rothko ?

Au-delà des pionniers américains comme Max Weber ou Milton Avery, Mark Rothko fut aussi influencé par le surréalisme, la mythologie, Clyfford Still, Barnett Newman, mais son langage reste radicalement personnel.

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